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BP a signé sa première joint-venture en Algérie en 1995, trois ans seulement après le coup d’état militaire qui a annulé les premières élections législatives en Algérie depuis l’indépendance du joug colonial français. Le contrat a été signé alors qu’une guerre civile brutale faisait rage, avec la violence systématique de l’État et des islamistes fondamentalistes.

Cette signature a définie l’engagement de BP et du gouvernement britannique avec l’Algérie au cours des 20 dernières années. Il continue à façonner le contexte actuel de torture et d’impunité, de répression et de corruption. Leur empressement à pénétrer en Algérie dans les années 90, malgré la violente répression édictée par l’État, indique les priorités de l’establishment britannique. Le Royaume-Uni a favorisé ses propres intérêts économiques et a consenti à la «sale guerre» des années 1990 du régime algérien. La même approche a été suivie depuis.

La politique étrangère du Royaume-Uni a pour but de sécuriser le gaz naturel nord-africain dans les réseaux de distribution européens et britanniques et est fortement influencée par les intérêts de l’armement et des énergies fossiles. Par conséquent, le gouvernement conservateur a courtisé le régime algérien et a soutenu les ventes d’armement entre les entreprises britanniques et l’Algérie, en plus d’encourager un plus grand rôle pour BP. Tout cela a eu lieu malgré le dossier lamentable des droits humains du régime et l’intense répression des mouvements démocratiques ces dernières années.

Aujourd’hui, l’Algérie est gouverné par un régime vieillissant et un président malade, s’accrochant au pouvoir et s’en prenant à ceux qui réclament la démocratie et contestent la corruption. Pourtant, BP et le gouvernement britannique continuent toujours d’ignorer les mouvements sociaux et la société civile, et préfèrent plutôt travailler avec les services de renseignement, entraîner les forces spéciales et renforcer la coopération militaire.

Malgré son importance stratégique et le renforcement des relations avec le Royaume-Uni, l’Algérie est à peine mentionnée dans les médias britanniques, en raison d’un point de vue colonial, selon lequel le pays est considéré comme la chasse gardée de la France. Cependant, l’année dernière, l’Algérie a reçu l’attention des médias internationaux en raison de la crise tragique des otages d’In Amenas, qui a visé une installation de gaz gérée par BP. L’attaque dans le sud-est de l’Algérie en janvier 2013 a entraîné la mort de 39 otages étrangers (dont six Britanniques et un résident du Royaume-Uni) et l’élimination de 32 terroristes.

Ce rapport estime que les politiques extérieures britanniques et européennes renforcent un régime répressif et corrompu, en donnant la priorité aux intérêts des entreprises des énergies fossiles et à la main mise sur le gaz algérien, au-dessus des droits humains et de la démocratie.

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